Architecte d’intérieur, décoratrice et figure familière du petit écran, Sophie Ferjani s’est imposée avec une idée simple : un intérieur réussi doit être beau, mais surtout utile et habité. Son parcours parle autant de biographie que de méthode, avec une vraie cohérence entre le travail sur les volumes, les matières et la couleur. Je me concentre ici sur ses repères clés, sa signature déco, sa présence à la télévision et ce que l’on peut reprendre concrètement chez soi.
Les repères à garder en tête avant de l’appliquer chez soi
- Formée en design d’espace, elle pense d’abord un intérieur par l’usage, la circulation et les volumes.
- Son agence marseillaise a ouvert en 2005, puis La Sélection a élargi son univers en 2017.
- Son style repose sur des matières lisibles, une palette colorée maîtrisée et des objets qui ont du sens.
- En 2026, son activité mêle conseil en aménagement, showroom, collaborations et présence télévisée.
- Le plus utile à retenir : sa déco n’est jamais décorative pour elle-même, elle sert la façon de vivre dans le lieu.
Son parcours s’est construit par étapes
Ce qui me frappe dans ce parcours, c’est sa continuité. Sur son site officiel, on retrouve une trajectoire qui ne repose pas sur un simple effet de notoriété, mais sur un socle professionnel solide : une formation en design d’espace à l’ENSAAMA Olivier de Serres, puis l’ouverture de son agence d’architecture intérieure en 2005. À partir de là, tout s’enchaîne de manière cohérente, avec une montée en puissance progressive entre conseil, aménagement et création d’univers décoratifs.
| Période | Repère | Ce que cela révèle |
|---|---|---|
| Formation | Design d’espace à l’ENSAAMA Olivier de Serres | Une base technique orientée vers l’usage, pas seulement l’esthétique |
| 2005 | Ouverture de son agence d’architecture intérieure | Le début d’une activité centrée sur les projets concrets et les contraintes réelles |
| 2017 | Lancement de La Sélection à Marseille | Une extension naturelle de son travail vers le showroom et le concept-store |
| Depuis 2023 | Développement de collections et de produits maison | Une signature qui dépasse la simple prestation de conseil |
| Début 2026 | Recentrage de La Sélection sur le showroom mobilier et décoration | Un retour assumé vers l’architecture intérieure et l’accompagnement sur mesure |
Autrement dit, son parcours n’est pas celui d’une décoratrice “télé” devenue experte par opportunisme. C’est l’inverse : une pratique d’architecte d’intérieur qui a trouvé à la télévision un relais de diffusion très visible. Cette nuance compte, parce qu’elle explique pourquoi ses conseils restent souvent concrets et exploitables.
La suite logique, c’est sa signature visuelle. C’est là que son univers devient identifiable en quelques secondes.

Sa signature déco mise sur la matière, la couleur et le relief
Ce que je reconnais dans ses projets, c’est une recherche d’équilibre entre chaleur et structure. Elle ne cherche pas à “faire joli” au sens superficiel du terme. Elle construit des pièces qui ont du caractère, mais sans les saturer. Les matières ont de la présence, les couleurs sont assumées, et l’ensemble garde toujours une lisibilité suffisante pour rester confortable au quotidien.
- Les matières servent de base émotionnelle : bois, textiles, finitions mates, céramique, surfaces qui accrochent la lumière sans l’écraser.
- Les couleurs sont franches, mais rarement laissées sans cadre. Elles sont souvent retenues par une teinte neutre, un matériau brut ou une proportion bien dosée.
- Les volumes comptent autant que les objets. Un beau canapé mal placé ou un meuble trop massif casse tout l’équilibre d’une pièce.
- L’âme du lieu reste importante. Elle aime les intérieurs qui racontent quelque chose, pas les décors interchangeables.
Je vois là une influence méditerranéenne claire, pas au sens caricatural du bleu et du blanc, mais dans la manière de travailler la lumière, les contrastes et l’authenticité. Le résultat donne des espaces vivants, moins lisses, plus incarnés. Et c’est précisément cette logique qui la rend utile pour des projets d’aménagement très variés.
C’est aussi ce qui explique son aisance à la télévision, où la pédagogie doit rester lisible sans appauvrir le propos.
À la télévision, elle vulgarise la déco sans la simplifier
M6 la présente comme une experte en décoration et une référence de l’architecture d’intérieur, et cette formule me paraît juste parce qu’elle résume bien son positionnement. Dans les programmes où elle intervient, l’intérêt n’est pas seulement de montrer des avant-après spectaculaires. L’intérêt, c’est de rendre visibles les arbitrages qui font vraiment la différence : ce qu’on garde, ce qu’on change, ce qu’on valorise et ce qu’on simplifie.
De D&CO à Maison à vendre, de Mieux chez soi à des formats plus récents du groupe M6, son rôle reste assez constant : traduire des contraintes réelles en solutions compréhensibles. C’est ce qui la distingue d’une approche purement décorative. Elle pense en circulation, en usage, en lumière et en cohérence globale avant de penser en accessoires.
Pour le lecteur, c’est une piste très utile. Une bonne émission déco n’apprend pas seulement à choisir un meuble. Elle apprend à voir un espace autrement. Et c’est exactement la logique qu’on peut reprendre chez soi, surtout après un déménagement ou une rénovation légère.
Le plus intéressant commence justement là, dans l’application concrète à un logement réel.
Ce que sa méthode change concrètement dans un logement
Quand on applique cette façon de faire chez soi, on évite plusieurs erreurs classiques : acheter trop vite, décorer avant d’avoir organisé l’espace, ou multiplier les effets sans traiter le fond. Dans un appartement vide après un déménagement, je conseille toujours d’inverser le réflexe habituel. On commence par le squelette du lieu, puis on ajoute le caractère.
| Problème courant | Réflexe inspiré de son approche | Effet concret |
|---|---|---|
| Pièce trop encombrée | Repenser la circulation avant le décor | Un espace plus fluide et moins fatigant à vivre |
| Salon froid ou vide | Ajouter des matières, un tapis, des rideaux et une lumière plus douce | Une sensation immédiate de confort |
| Manque de personnalité | Introduire quelques objets choisis, pas une accumulation | Un intérieur plus singulier et moins générique |
| Pièce sombre | Travailler les teintes, les sources lumineuses et les surfaces qui renvoient la lumière | Une impression d’espace renforcée sans travaux lourds |
Je garde en général 80 à 90 cm pour les circulations principales, et environ 40 à 50 cm entre un canapé et une table basse. Ces chiffres simples évitent beaucoup d’erreurs de proportion. Ils ne font pas “déco magazine”, mais ils changent réellement le confort d’usage. Dans un petit logement, c’est souvent plus décisif qu’une couleur tendance ou qu’un objet fort.
Autre point important : la méthode ne fonctionne bien que si l’on accepte de hiérarchiser. Tout ne peut pas être mis au même niveau. Il faut d’abord les meubles qui structurent, ensuite les matières qui réchauffent, puis les objets qui racontent une histoire.
Une fois cette base posée, on peut s’autoriser davantage de personnalité sans perdre en clarté.
Les erreurs à éviter quand on veut s’inspirer de son univers
Le style de cette décoratrice est séduisant parce qu’il semble accessible. En pratique, il peut vite devenir brouillon si l’on retient seulement la partie visuelle. C’est là que je vois le plus souvent les contresens.
- Confondre chaleur et accumulation : un intérieur vivant n’a pas besoin d’être rempli pour exister.
- Multiplier les couleurs sans base neutre : sans respiration visuelle, la pièce se fatigue très vite.
- Choisir les accessoires avant les volumes : un bel objet ne compense pas un mauvais agencement.
- Ignorer l’échelle des meubles : un canapé trop profond ou une table trop massive ruinent l’équilibre général.
- Négliger la lumière : même le plus beau décor tombe à plat si l’éclairage n’est pas travaillé par zones.
Le bon filtre, selon moi, consiste à se demander si chaque choix sert le quotidien. Si la réponse est non, il faut probablement simplifier. C’est là que son approche reste intéressante pour un lecteur qui aménage, déménage ou réorganise un espace : elle pousse à faire moins, mais mieux.
Et c’est ce principe qui rend son travail encore pertinent en 2026, bien au-delà de sa visibilité à l’écran.
Ce qu’il faut retenir de son approche pour un intérieur plus juste
Si je devais résumer sa méthode en une seule idée, je dirais ceci : partir de la structure pour arriver à l’émotion, jamais l’inverse. C’est une manière très saine d’aborder une pièce, surtout quand on veut éviter les achats impulsifs et les décors sans âme. On obtient alors un intérieur qui tient dans le temps, qui supporte mieux les usages quotidiens et qui évolue plus facilement.
- Commencez par la circulation et les fonctions, pas par la décoration.
- Choisissez une base de matières cohérente avant de penser aux objets.
- Limitez les effets de style pour laisser respirer l’espace.
- Gardez quelques pièces personnelles qui donnent une histoire au lieu.
C’est ce dosage, plus que n’importe quelle tendance, qui rend son univers intéressant à reprendre chez soi. Pour un emménagement comme pour une rénovation légère, il offre une règle simple et efficace : créer un cadre juste, puis seulement ensuite y ajouter du caractère.